Aime ton prochain

Un petit avis rapide sur le blog pour cette BD ! Marie a suivi une éducation très catholique, elle fait partie d’une famille qui respecte tous les standards imposés aux familles des années 60. Mais elle ne l’entendra pas de la même manière, Marie sort des codes, elle a un surplus d’amour à offrir, elle aime beaucoup, elle aime l’amour, elle aime le sexe et ne compte pas se contraindre aux diktats et aux conformités que “doivent” suivre les femmes de l’époque. A travers plusieurs tranches de vie de Marie et sur 30 ans nous allons suivre ses amours en abordant des thématiques autour de l’identité et de la sexualité: transgenre, pansexualité, homosexualité, religions …


Marie transmet énormément de tolérance et de bienveillance par le biais de son amour. J’adore ce type de personnages. Je ne m’attendais pas à grand chose avec ce roman graphique, mais je suis agréablement surprise. Gros bonus pour les couleurs et le dessin.
Des lecteurs qui passent par là et qui ont lu cette BD ?

Un Sherlock comme on les aimes

Dans la tête de Sherlock. – Cyril Lieron & Benoît Dahan. – Ankama Éditions. – 48 p. – 14.99 €


Dans la tête de Sherlock ! Oui exactement, la BD nous emmène dans les confins du palais mental de Sherlock,  à travers une enquêtes pleines de suspens.On retrouve tous les codes auxquelles Arthur Conan Doyle nous a habitué. Ce Sherlock m’a beaucoup rappelé celui de la série Sherlock avec Benedict Cumberbatch et Martin Freeman. 
Un homme est retrouvée divaguant dans la rue en chemise de nuit avec une pantoufle de femmes et des égratignures. C’est ainsi que commence l’enquête. A partir d’ici les auteurs nous montrent les cheminements de pensées de Sherlock et surtout comment il gère et range ces indices. Alors moi, bibliothécaire et fan d’organisation sur mon temps libre, j’étais aux anges! Les dessins sont merveilleusement réalisé, ça ne pouvait pas être mieux. C’est exactement comme ça que je m’imaginais le palais mental de Sherlock et c’était un régal de le voir illustré par Benoît Dahan. Il a également travaillé sur la BD Psycho investigateur, que je vais lire sans tarder.
En tout cas, je conseil cette BD à tous les fans d’enquêtes. C’est un premier tome, l’affaire sera résolue, on l’espère, dans le tome 2. Vivement ! 

La société chasse encore les sorcières

Hello les amis, aujourd’hui on se retrouve pour discuter d’une de mes meilleures lectures de 2019, un essai féministe. 
“La société chasse encore les sorcières”, c’est ce que Mona Chollet va nous expliquer dans cet essai. Elle va développer l’impact qu’exerce le mythe de la sorcière dans nos sociétés. La femme indépendante, seule, sans enfants, âgée, la femme qui vit pour elle même en fait. Après avoir lu un petit topo sur les sorcières, les procès et le contexte historique, on va se plonger dans les trois grands axes principaux: le premier mettra en lumière la femme indépendante qui travaille et réussit professionnellement, parfois au détriment de sa vie de famille, parfois non; Le second est dédié aux femmes qui n’ont pas d’enfant ou qui n’en veulent pas et qui dans notre société sont perçue comme des « femmes qui ont échoué dans leur rôle principal de femme » ; et enfin le troisième axe et aussi mon préféré, se développe autour de la vieille femme, de l’attrait pour la jeunesse concernant les femmes en tout cas. La peur de l’expérience, de la sagesse chez la femme. 

Évidemment, on reste ici sur la vision occidentale de la femme, il y a certainement des points différents sur les autres parties du globes. 

En tant que femmes on se sent forcément concernés par les sujets développés et c’est effrayant de se rendre compte qu’après tout ce temps nous sommes encore témoins/victimes de ces diktats. Quotidiennement nous sommes confrontés à des réflexions, des jugements, des préjugés, liés à nos désirs, nos modes de vies, globalement, nos choix. Et c’est vrai que comprendre d’où viennent ces réactions est parfois compliqué surtout quand on en est victime. Je ne sais pas si les théories exposées sont réelles mais elles sont convaincantes.
Le style ensorcelant de Mona Chollet rend cet essai très abordable et surtout très addictif. Elle nous entraîne habillement vers des réflexions pertinentes sur la vision de la femme dans nos sociétés. 


Et enfin, je suis obligée de vous parler des notes de bas de pages qui ouvrent un large éventail de lectures annexes. En sortant de cette lecture ma carte bancaire a chauffé dans les librairies puisque je me suis offert pas mal d’ouvrages sur le thème des sorcières ainsi que d’autre essais sur le tabou du plaisir féminin. Mon prochain essai sera tout de même encore de Mona Chollet puisqu’il s’agit de Beauté fatale: les nouveaux visages d’une aliénation féminine. 
Je vous conseille évidements cette lecture pour vous en faire un avis personnel. Et pour ceux qui écoutent des podcasts, Mona Chollet est interviewée dans La Poudre pour la série de podcasts sur les sorcières. Un vrai régal. 


Alors vous en avez pensez quoi de cet essai qui a fait exploser les ventes ? 


Des bises 
Cass

Premier De Vigan

D’APRÈS UNE HISTOIRE VRAIE
Delphine DE VIGAN
Editions JC Lattès 2015
Prix Renaudot 2015Prix Goncourt des Lycéens 2015
20 Euros484 Pages
8/10

Un mot de l’éditeur : « Ce livre est le récit de ma rencontre avec L.. L. est le cauchemar de tout écrivain.Ou plutôt le genre de personne qu’un écrivain ne devrait jamais croiser.»

MANIPULATION PSYCHOLOGIQUE – FICTION – RÉALITÉ – DELPHINE DE VIGAN 

Un roman de la rentrée littéraire septembre 2015 qui m’a été le plus conseillé par mes collègues et les lecteurs de la médiathèque où je travaillais.Un retour sur ces trois ans où l’auteure est restée muette, elle revient sur les raisons de son silence, que s’est-il passé ? Qu’elles ont été ses influences et ses réflexions après la sortie de son dernier ouvrage ?
Après avoir publié son dernier roman autobiographique, Rien ne s’oppose à la nuit, Delphine a rencontré un succès fulgurant, et se retrouve dans l’incapacité d’écrire quoi que ce soit. Un e-mail, un texto, une lettre de remerciement, répondre aux impôts, tout cela lui paraît insurmontable. Jusqu’à ce qu’elle tombe sur L., une inconnue qui va s’immiscer dans la vie de Delphine et en apparence résoudre tous ses problèmes, l’accompagner et la soutenir pour se passage difficile. Evidemment, en lisant la quatrième de couv’. on se doute très bien que cette L. Mijote quelque chose, nous, lecteurs on s’en rend compte très vite je trouve, mais Delphine met un certain temps à s’en apercevoir, c’est ce qui fait monter le suspens alors on ne va pas s’en plaindre. 


En fait, on s’aperçoit très vite qu’il y a deux fils conducteurs, le premier est celui du thriller psychologique avec L.qui manipule Delphine en prenant soin de planifier tous les détails et l’autre fil c’est toute la  réflexion concernant la fiction et le réel. A quoi bon écrire de la fiction, les lecteurs veulent du réel ? Mais dans tout réel il existe une part subjective de fiction qui correspond à la part de l’auteur. Alors que faire ?  Un réel débat, s’engage d’abord entre L et Delphine ce qui nous permet de nous poser les bonnes questions.


SPOILER ALERTE !Et c’est vraiment très intéressant puisque, quand elle se rend compte que L. La manipule et qu’elle essaie de la tuer, elle en parle à son compagnon, autour d’elle ect… et tout le monde pense qu’elle a tout inventé. En même temps L.  a fait en sorte que les choses laissent penser que Delphine a tentée de se suicider.Au final sa vie (son réel), est devenu fiction, et l’histoire qu’elle tente d’écrire sur L. en pensant que c’est une sorte de biographie n’est que Fiction puisque toute l’histoire de L. n’est qu’invention. Elle a tout emprunter aux romans que Delphine possédait. Je sais pas si vous me suivez, en gros tout s’inverse sa vie est une fiction aux yeux de tous, elle passe un peu pour une folle dépressive.Et du coup, plus de nouvelle de L.vous pensez bien, elle est partie se planquer ! Delphine reçoit juste un petit coup de fil de son éditeur qui lui précise que le manuscrit qu’elle lui a envoyée était génial ( mais Delphine n’a pas envoyé de manuscrit ), donc le livre que nous lisons est-il vraiment écrit par Delphine ou par L. ? L. Pourrait se faire passer pour Delphine sur 470 pages ? On ne sait pas, enfin si quand même, il y a un petit indice … FIN*FIN DU SPOILER


Un roman plein de suspens, de tension permanente, on sait déjà ce qu’il va se passer mais cela n’enlève rien à l’intrigue. L’auteure nous laisse nous débrouiller seule pour démêler le vrai du faux. Au final on a jamais de fiction sans réel ou de réel sans fiction. Je pense que Delphine nous a bien prouvé ici, le savoureux mélange des deux. Elle a réussie à nous transmettre des émotions et des sentiments, qui eux étaient bien réels. Mission réussie !

Et vous qu’en avez-vous pensé ? Coup de cœur ou pas ? 

Des Bises

Kinderzimmer, Valentine Goby

Kinderzimmer 
Valentine Goby 
Editions ACTES SUD

224 p.

Un mots de l’éditeur : En 1944, le camp de concentration de Ravensbrück compte plus de quarante mille femmes. Sur ce lieu de destruction se trouve comme une anomalie, une impossibilité : la Kinderzimmer, une pièce dévolue aux nourrissons, un point de lumière dans les ténèbres. Dans cet effroyable présent une jeune femme survit, elle donne la vie, la perpétue malgré tout.

SECONDE GUERRE MONDIALE – RAVENSBRUCK – 
CONDITION DE LA FEMME – NOURRISSONS – SOLIDARITÉ


          Ce livre a beaucoup fait parler de lui lors de la rentrée littéraire 2013 et comme je n’avais jamais lu de livre de Valentine Goby, je les donc acheté. C’est celui qui me plaisait le plus et que j’avais hâte de lire, ( pour sa couverture en particulier. Eh oui ! Moi et mes critères de sélection ). Il est dans ma PAL depuis au moins 15 mille ans alors il fallait bien que je m’y mette.  et je ne regrette pas du tout cet achat. En plus ma prochaine lecture sera MAX, de Sarah Cohen Scali, donc je reste dans ce thème de 2 nd Guerre Mondiale que j’affectionne, même si les textes sont durs et les faits choquant c’est une part de l’histoire qui intéresse et que l’on cherche à comprendre. 

    C’est une lecture que j’ai beaucoup appréciée. Comme d’habitude à chaque lecture sur la Seconde Guerre mondiale on se sent vite captivé ( enfin pour ma part) par le récit. 
    Au premier abord il est vrai que les propos, le vocabulaire et le langage peuvent nous déranger. En tout cas personnellement j’ai trouvé l’écriture un peu perturbante tout de même. D’un point de vue historique on sent que c’est très bien documenté et c’est vraiment appréciable . Tout le long on aimerait aider les protagonistes à échapper à l’histoire, à fuir cette situation. 


     Ce qui est tout aussi perturbant c’est le parallèle entre cette Kinderzimmer, une pièce dédiée aux nourrissons, dans ce camp où la plupart des personnes vont mourir. Il plane quand même un certain mystère sur la raison de l’existence de cette pièce qui intrigue tout au long de la lecture. 

     D’un autre côté nous avons une image d’espoir représenté par cette pièce mais aussi par la solidarité, l’amitié et le courage des femmes de ce camp qui parfois risque leur vie pour en sauver d’autre. Ravensbruck amène vraiment à se poser des questions qui font réfléchir, il ne laisse pas indifférent.  

     Le seul point négatif que je pourrais trouver c’est que je trouve la fin un peu sec, j’aurais aimé en savoir un peu plus sur ce que deviennent les personnages auxquels on s’attache au fil du roman. Je n’en dit pas trop, je vous laisse de quoi découvrir lors de votre lecture. 

     En tout cas il m’a tenu éveillé une bonne partie de ma nuit ce qui est plutôt positif, sauf pour le lendemain de cours !